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Pièce par pièce : des élèves impriment l’autonomie en 3D
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17 June 2026Par : Kathia Duplessis
Quelque part au Nouveau-Brunswick, un enfant attend toujours l’équipement qui lui permettra de découvrir le monde avec un peu plus d’autonomie. Que ce soit pour suivre ses amis dans la cour d’école, participer à des activités avec sa famille ou simplement se déplacer un peu plus librement, un fauteuil roulant peut faire toute la différence.
Cette réalité m’a particulièrement marquée, lorsque je me suis retrouvée au Centre multifonctionnel de Shediac, où des élèves de cinq écoles du Nouveau-Brunswick assemblaient deux fauteuils roulants. Pièce par pièce, ces fauteuils avaient été imprimés en 3D dans leurs écoles grâce à une initiative menée par Place aux compétences, le District scolaire francophone Sud et le Centre de réadaptation Stan Cassidy afin de mettre la technologie au service d’un besoin réel de notre communauté.
En discutant avec les personnes impliquées dans le projet, j’ai appris qu’un fauteuil roulant pouvait coûter plus de 10 000 $. Une somme difficile à imaginer lorsqu’on observe deux fauteuils colorés fabriqués grâce à l’impression 3D avec environ 300 $ de matériel. Je me suis alors demandé combien d’enfants pourraient voir leur quotidien transformé par des initiatives comme celle-ci.
Ce qui m’a le plus marquée cette journée-là, c’est de voir des élèves qui ne s’étaient jamais rencontrés auparavant travailler ensemble avec autant de naturel. Pendant que certains assemblaient les fauteuils, d’autres effectuaient des travaux de soudure ou réfléchissaient à des moyens de sensibiliser la communauté à cette initiative. Un groupe parcourait la salle, micro à la main, pour interviewer leurs camarades sur leur expérience. Quelques phrases entendues au fil de la journée témoignent de l’impact du projet. « Je me sens heureuse. Je suis contente d’aider des personnes dans le besoin », a partagé Olivia, 13 ans. « On a appris que c’est important d’aider les autres », a ajouté Noémie, 13 ans.
Alors que les élèves quittaient peu à peu le centre, des professionnelles du domaine de la santé examinaient attentivement les fauteuils terminés. Impressionnées par les caractéristiques, comme la tablette ajustable, les ceintures ajustables, la poignée de poussée et les espaces de rangement à l'arrière. Elles pensaient déjà à des enfants qu’elles connaissaient et qui pourraient bénéficier de ces équipements.
Quant aux élèves qui les ont conçus, j’aime croire qu’ils retiendront non seulement les compétences techniques acquises tout au long du projet, mais surtout qu’ils ont utilisé ces compétences pour avoir un impact concret dans leur communauté. Peut-être que certains deviendront ingénieurs, ergothérapeutes ou enseignants, mais ils auront déjà appris que la technologie prend tout son sens lorsqu’elle est utilisée pour améliorer la vie des autres. -
« 3, 2, 1… pitch! »
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02 June 2026Mardi dernier, les élèves des Centres IDÉE – un programme offert dans les écoles secondaires de Moncton, Dieppe et Shediac qui permet aux jeunes de développer des projets entrepreneuriaux et innovateurs – ont présenté les projets qu’ils développent depuis plusieurs mois lors du Pitchfest, un concours réunissant les élèves inscrits au programme. Parmi les projets présentés, celui d’Élodie et d’Alex s’est rapidement démarqué en remportant la première place.
Mais bien avant la compétition et les présentations devant jury, leur projet a commencé par un problème bien simple observé dans les corridors de leur école : les annonces du matin ne sont souvent rien de plus que du bruit de fond. Entre les conversations, les retards d’autobus et les élèves encore à moitié endormis, plusieurs informations importantes passent complètement inaperçues.
C’est un problème qu’Élodie et Alex ont rapidement remarqué dans leur école. Les deux élèves de 12e année de l’école L’Odyssée ont décidé de transformer ce problème quotidien en solution concrète.
« On voyait qu’il y avait un vrai problème », explique Alex. « On voulait créer quelque chose qui servirait réellement dans l’école, pas juste un projet pour une note. »
C’est ainsi qu’est né Infonet, une application web développée par les deux élèves permettant de gérer et diffuser des annonces, horaires et informations importantes directement sur des télévisions installées dans l’école.
« La solution était de créer un appui visuel », ajoute Élodie. « On voulait que l’information soit plus facile à voir et plus difficile à manquer pour les élèves. »
Rapidement, les deux élèves ont réalisé que leur solution faisait réellement une différence dans l’école. « Les enseignants ont remarqué que les élèves utilisaient beaucoup plus les écrans qu’ils pensaient », raconte Élodie. « Les élèves regardent souvent les horaires et les activités dessus sans même réaliser à quel point c’est devenu utile pour eux. »
« Les gens ne réalisent pas tout le travail derrière un projet comme ça », explique leur enseignant, Cédric McGraw. « Chaque détail de l’interface, chaque bouton et chaque fonction a été réfléchi et créé par les élèves eux-mêmes. »
Leur système a maintenant été vendu à l’école Champlain, où il devrait être installé dans les prochaines semaines.
« Ce projet-là m’a confirmé que je voulais poursuivre mes études postsecondaires en informatique », explique Alex. « Je vais à l’Université Dalhousie l’an prochain. Puis de voir que quelque chose qu’on a créé à notre école pourrait éventuellement être utilisé partout dans le district, c’est vraiment spécial. » -
Les p’tits imprimés, le projet derrière les souliers rouges
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18 May 2026Lors d’une marche de sensibilisation au syndrome d’alcoolisme fœtal à Fredericton, entre les conversations, les kiosques et les chandails colorés, un petit objet rouge attirait particulièrement l’attention : un soulier imprimé en 3D, accroché à des sacs, tenu dans des mains ou observé avec curiosité par les participants.
Symbole du mouvement Red Shoes Rock, le soulier servait à ouvrir la conversation sur une réalité souvent méconnue. Mais ce qui surprenait encore plus les gens ce jour-là, c’était d’apprendre qu’il avait été conçu par des élèves de 5e année de l’école Les Éclaireurs.
« Tout le monde capotait », raconte Ashley Long, agente communautaire de l’école. « Les gens étaient vraiment impressionnés de savoir que c'était des élèves qui avaient créé ça à 100 %. »
Le projet Les petits imprimés, soutenu par Place aux compétences, a commencé il y a deux ans avec un petit groupe d’élèves intéressés par l’impression 3D. Mais une collaboration avec la clinique de psychologie Balance a rapidement changé la portée du projet.
« C’était vraiment la première fois qu’on faisait une vente en dehors des murs de l’école », explique Ashley. « Habituellement, nos mini-entreprises vendent aux élèves ou au personnel, mais là, ils avaient un vrai contrat avec un organisme de la communauté. Pour moi, comme agente de développement, c’est vraiment ma plus grosse fierté. »
Au fil du partenariat, les élèves ont participé à des appels avec la clinique, créé des prototypes et appris à travailler avec de vrais clients. Des professionnelles de la clinique sont aussi venues les rencontrer afin de leur parler du syndrome d’alcoolisme fœtal, de l’importance de sensibiliser la communauté, mais aussi des réalités derrière la gestion d’une entreprise. Les jeunes ont ainsi découvert l’importance de bien gérer un budget, de calculer leurs coûts et de prendre des décisions réfléchies avec leur argent. Ces apprentissages ont rapidement porté fruit : grâce à l’argent accumulé avec leurs ventes, les élèves ont réussi à acheter eux-mêmes une deuxième imprimante 3D.
Déjà, les élèves parlent de participer à d’autres événements communautaires l’an prochain, pendant que d’autres organismes démontrent de l’intérêt pour leurs créations. « Ce n’est pas juste pour l’école qu’ils font ça. C’est vraiment quelque chose qu’ils croient profondément », raconte Ashley. « Ils ont vraiment la fibre entrepreneuriale.» -
S’engager à découvrir notre pays, c’est le bâtir un projet à la fois.
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05 May 2026Cette année, de nombreux projets scolaires ont vu le jour grâce aux micro-subventions offertes dans le cadre du programme S’engager à découvrir le Canada – Patrimoine canadien. À travers ces projets, les jeunes découvrent le patrimoine autrement : en le vivant, en le créant et en s’y impliquant, ce qui renforce leur sentiment d’appartenance à leur communauté et à leur culture.
Des visites de sites historiques, des ateliers avec des artistes locaux, des événements de valorisation du patrimoine et bien plus ont eu lieu dans plusieurs écoles de la province.
Parmi ces projets, celui réalisé dans une classe de 3e année à l’école Mgr-Matthieu-Mazerolle démontre bien l’esprit du programme. L’idée est venue à l’enseignante Nathalie Cyr en repensant à un moment vécu avec ses enfants, lorsqu’elle les avait amenés voir la grande feuille d’érable à Saint-Quentin. Elle se rappelle leur émerveillement face au monument, et aussi du plaisir de pouvoir leur expliquer l’histoire derrière ce symbole.
« Je me suis dit : pourquoi ne pas recréer ce moment avec tous les élèves de ma classe? »
C’est ainsi qu’est né un projet autour des sculptures géantes et des monuments du Nouveau-Brunswick. Chaque élève a choisi une sculpture, découvert son histoire, sa signification et la région où elle se trouve, avant d’en créer une réplique en classe, inspirée notamment du homard géant de Shediac des papillons de Caraquet, de la grande hache de Nackawic et bien d’autres.
Le projet a permis d’intégrer plusieurs apprentissages. « On a fait des mathématiques avec la mesure des sculptures, du français avec la lecture, la rédaction et la présentation, l’art avec la création et bien sûr les sciences humaines avec la découverte de différentes régions », raconte-t-elle.
Mais au-delà des apprentissages scolaires, c’est un sentiment de fierté qui s’est installé. « Ils ont découvert qu’ils appartiennent à une communauté francophone et acadienne, puis ils étaient fiers de la présenter », souligne-t-elle. L’exposition finale, organisée pendant la Semaine du patrimoine et la Semaine provinciale de la fierté française, a permis aux élèves de partager leurs découvertes avec toute l’école.
« Des élèves m’ont dit que leurs parents les avaient même amenés visiter certains endroits », raconte l’enseignante. Une preuve que ces projets vont bien au-delà de la salle de classe et que le patrimoine se découvre au quotidien. -
Quand la classe devient un labyrinthe enchanté, une expérience immersive pour tous
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21 April 2026La lumière est basse. Des couleurs fluorescentes illuminent les murs, des sons se déclenchent, et une porte s’ouvre presque comme par magie.
Derrière cette expérience immersive, ce ne sont pas des professionnels… mais bien des élèves de 3e année de l’école Marguerite-Bourgeoys.
À l’origine du projet, les enseignantes Lucie Thériault et Monique Godin-Lanteigne. Deux enseignantes qui, au fil des années, ont choisi d’organiser leur classe autrement.
« Nous autres, juste enseigner traditionnel, ça ne nous colle pas », explique Monique. « J’ai commencé avec des petits projets, puis ça a toujours grossi, grossi, grossi ».
Lucie, de son côté, partage cette même envie de renouveler sa façon d’enseigner. « Les projets m’animent. J’ai besoin d’essayer des nouvelles choses », dit-elle. Ensemble, elles ont trouvé un équilibre qui fonctionne. « On se complète bien, moi plus artistique, elle plus codage. Quand tu mélanges les deux, ça fait juste wow ».
Au cœur de leur approche, il y a surtout une intention claire : laisser la place aux élèves.
« On ne voulait pas que ça vienne de nous », raconte Monique.
Alors, ce sont les élèves qui ont imaginé une histoire qui a transformé leur classe en un labyrinthe enchanté. Tout a été pensé et construit par eux.
Dans la classe, chacun avait un rôle. Décors, codage, ambiance… tous les élèves ont contribué à leur façon, et au fil des semaines, le projet a réellement pris vie.
Quand tout a été assemblé, les élèves ont découvert le résultat. « Ils étaient émerveillés de leur propre travail», dit Lucie.
Pendant la soirée de présentation, les enseignantes se sont mises en retrait, laissant les élèves guider les visiteurs. Une élève de 3e année a même pris la parole pour animer la soirée devant 150 personnes. Selon Lucie, « au début elle était vraiment anxieuse, mais à la fin, elle était tellement fière d’elle-même ».
Dans ces projets, comme le dit Monique, « tous les élèves brillent ».
Dans les couloirs de l’école, les élèves de 2e année observent et attendent déjà leur tour, imaginant ce qu’ils créeront, eux aussi, l’an prochain. -
Danika Doucet partage sa passion pour inspirer les jeunes
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07 April 2026À la Polyvalente aux Quatre-Vents, l’engagement communautaire prend parfois la forme d’un projet qui dépasse largement les murs de l’école. C’est le cas de Danika Doucet, une élève dont la passion pour les sports, le plein air et le désir de faire une différence se traduisent par une implication exceptionnelle au sein du projet pilote Les Vendredis en forêt.
Lancé à l’automne 2025, ce projet offre aux jeunes de la 2e à la 8e année des occasions concrètes de bouger, de jouer dehors et de développer des compétences en milieu naturel. Il met de l’avant l’activité physique, l’exploration, l’autonomie, le respect de l’environnement et le bien-être global, tout en demeurant accessible grâce à un coût très réduit.
Danika s’est jointe au projet à titre de bénévole avec une idée claire : enseigner le ski et la raquette aux enfants lors des vendredis CAP, qui concordent avec les journées pédagogiques durant lesquelles elle n’a pas école. Elle a préparé et animé douze séances de ski et douze séances de raquette au cours de l’hiver 2026, en plus de soutenir d’autres activités du programme. Au total, elle a offert 12 journées de bénévolat. « J'aime partager ma passion du ski de fond et de la raquette. Je veux que les jeunes se sentent à l’aise dans la forêt et en sécurité. », partage-t-elle.
Au fil de son implication, Danika se distingue par sa fiabilité, son sens de l’initiative et sa capacité à créer un lien authentique avec les jeunes. Elle prend son rôle à cœur, arrive préparée, propose des idées et cherche constamment à améliorer les activités offertes. Son engagement ne passe pas inaperçu. « Danika est très naturelle avec les enfants et elle sait créer de vrais liens avec eux, ce qui est une grande force pour son projet », souligne une membre de l’équipe des Vendredis en forêt.
Au-delà des activités sportives, l’implication de Danika reflète des valeurs fortes : entraide, persévérance et désir de contribuer positivement à sa communauté. Grâce au programme de micro-subvention, ce projet porteur prend vie, et c’est en grande partie grâce à des jeunes comme Danika, qui choisissent de s’impliquer et d’inspirer.
Au service de ma communauté est financé en partie par Service jeunesse Canada, un mouvement national qui permet aux jeunes de 12 à 30 ans d’acquérir de l’expérience et des compétences importantes tout en redonnant à leur communauté. Apprenez-en davantage en visitant le site web de Service Jeunesse Canada : https://www.canada.ca/fr/services/jeunesse/service-jeunesse-canada.html -
Une langue, une identité, une fierté
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26 March 2026La semaine dernière, des projets ont pris vie partout dans la province grâce au soutien de Place aux compétences dans le cadre de la Semaine provinciale de la fierté française. À travers ces projets, la communauté a pu célébrer sa langue et surtout réfléchir à son importance.
Les témoignages de différents organisateurs le démontrent clairement.
Maryse Basque-Doiron, enseignante de musique aux écoles Camille-Vautour et Dr Marguerite Michaud, a animé une activité « La Fureur » au Pays de la Sagouine, rassemblant les élèves des deux écoles autour de la musique francophone.
À travers cette activité, elle a pu constater à quel point « les élèves sont très, très fiers d’être francophones ».
Elle se souvient d’un moment qui l’a marquée, lorsqu’un élève a reconnu une chanson en lançant : « Ma grand-mère aime cette chanson là! » une preuve, pour elle, que la culture francophone se vit et se transmet d’une génération à l’autre.
C’est justement ce qu’elle trouve si beau dans ces projets. Comme elle le dit si bien, c’est une façon « de dire qu’on est ici, et ici pour rester. »
Ce même sentiment se retrouve chez Dominic Hébert, élève de 12e année et agent à la vie scolaire à l’école Mathieu-Martin.
« En célébrant la langue française, on s’assure qu’elle va continuer d’exister pour les générations futures. »
Du côté de Carole Mazerolle-Dallaire, enseignante en construction identitaire à l’école Dr Marguerite Michaud, ces moments permettent aux élèves de prendre conscience de leur langue et de leur culture.
« Lorsqu’on fait ces activités-là pendant une semaine, on dirait que les élèves sont plus conscients de l’importance de leur langue et de leur culture. »
Pour elle, la semaine agit comme un point de départ, mais le travail se poursuit chaque jour, en classe comme dans la communauté, à travers des petites actions qui permettent aux jeunes de continuer à s’exprimer, créer et vivre en français.
Elle ajoute : « Ce n’est pas juste être fier et faire des activités en français pendant la semaine de la fierté française, ça devrait être toute l’année. »
Parce qu’au fond, la francophonie ne se célèbre pas seulement pendant une semaine.
Elle se vit chaque jour et elle continue de grandir à travers une jeunesse fière de la porter. -
D’ailleurs à ici : un deuxième chez-soi
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10 March 2026Chaque année, des jeunes de partout autour du monde choisissent de venir vivre une expérience dans notre petit coin du pays en tant qu’élèves internationaux. Ils séjournent avec des familles d’accueil, fréquentent nos écoles francophones, découvrent nos paysages, nos accents et nos traditions.
Mais il y a quelque chose de profondément touchant lorsque la date inscrite sur leur billet de retour approche et que certains appellent leurs parents et leur demandent de rester un peu plus longtemps. C’est exactement ce qu’ont fait Tomaz et Stanislas.
Tomaz, venu du Brésil, ne savait presque rien dire en français à son arrivée. « Je savais juste : je m’appelle Thomas, j’ai 16 ans, bonjour et merci. » Aujourd’hui, il me parle avec fluidité de ses journées de ski au mont Poley, de sa visite à Fredericton et de son entourage. Dans ses phrases, on entend des petits « pis », des « ben là », des mots de chez nous qui s’installent sans qu’il s’en rende compte. C’est à ce moment qu’on réalise qu’il n’a pas juste appris une langue, il la vit. Pour Tomaz, partir n’avait tout simplement pas de sens. Il le dit lui-même : il avait encore « beaucoup de choses à vivre ici ». Il ne se sentait pas prêt à tourner la page.
Quand j’ai demandé à Stanislas, arrivé d’Allemagne, si quelque chose l’avait surpris ici, il a ri : « Ben, la première fois que j’ai été au Costco… » Pour lui, tout était immense. Sa fierté ne se limite pas aux progrès qu’il a réalisés en français. Il me dit qu’ici, il a aussi appris à patiner. « Les premières trois, quatre fois, je suis tombé beaucoup, beaucoup… » dit-il. Aujourd’hui, il patine et il joue au hockey. Mais ce dont il parle le plus, c’est de ce qu’il ressent ici. « Ici, je ne sais pas si c’est la culture ou juste les gens, mais je me sens plus… ouvert. » C’est pour cela que, lorsque le moment est venu de partir, il a plutôt décidé de rester.
Notre région n’est peut-être pas grande. Elle n’est pas la plus connue. Mais elle est assez forte, assez vivante pour que des jeunes venus d’ailleurs veuillent en faire partie.
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Pour ceux et celles qui souhaitent vivre cette belle expérience, il est toujours possible de devenir famille d’accueil. Le programme est ouvert à tous types de foyers, avec ou sans enfants, pour des séjours de 3, 5 ou 10 mois. Une compensation de 900 $ par mois est offerte. Visitez www.nbfr.ca pour en savoir plus. -
Silence… on enregistre!
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25 February 2026Dans la classe de 8e année de madame Patricia Paré à l’école Le Mascaret, les élèves ne se contentent pas de répondre à des questions : ils les posent. Micro en main, casque d’écoute ajusté, ils enregistrent, analysent et montent leurs contenus avec créativité. La salle de classe devient un espace de production où chacun trouve sa place.
Ce projet se réalise grâce au programme Place aux balados, une initiative de Place aux compétences qui permet aux enseignants d’intégrer les balados à leur pédagogie. Le programme permet de louer l’équipement nécessaire et offre un accompagnement complet, de la préparation et de la structure des entrevues jusqu’au montage final.
Pour Patricia Paré, le balado est venu enrichir un projet de découverte sportive déjà en place dans sa classe. Après la pandémie de COVID, elle trouvait ces élèves moins actifs. Elle les amenait donc visiter différents groupes sportifs de la région, afin de les encourager à faire du sport. Cependant, elle a senti qu’il manquait une dimension. Les activités sportives rejoignaient certains élèves, mais pas tous. C’est là que le balado a pris tout son sens. « Le balado c’est multidisciplinaire et ça va rejoindre un grand nombre de personnes dans ma classe avec des intérêts différents. » Elle s’est donc lancée malgré son manque d’expérience. « Je me suis lancée là-dedans en sachant très bien que je n’avais pas de compétences », dit-elle en riant.
L’accompagnement reçu a fait toute la différence. « Si elles n'avaient pas été là, je n’aurais pas pu faire ça », affirme-t-elle à propos du soutien offert par Place aux compétences et du partenariat avec Codiac FM, qui a permis aux élèves de visiter les studios et de suivre des formations spécialisées.
Les impacts ont été rapidement observables. « Je vois l’estime de mes élèves monter, ça c’est flagrant! » affirme madame Patricia. Des élèves plus réservés osent maintenant prendre le micro, tandis que d’autres découvrent un talent pour le montage, la vidéo ou la rédaction. « Les jeunes sont tellement fiers d’eux-mêmes. On voit leur personnalité sortir. Il y a une grosse différence dans leur confiance en eux et leur capacité de parler devant les gens. »
Plusieurs épisodes sont déjà disponibles sur la page Facebook de l’école Le Mascaret, et une diffusion élargie en partenariat avec Codiac FM est prévue en mars. Ce ne sont pas seulement des balados qui voient le jour, mais des jeunes qui se transforment. -
Des idées aux actions : des jeunes au cœur de leur communauté
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12 February 2026Quand on donne aux jeunes l’espace pour rêver, ils rêvent grand. Ils agissent avec cœur et rassemblent leur communauté. Le programme Vice-Versa reconnaît ce potentiel et l’encourage en appuyant financièrement des projets scolaires communautaires qui placent les jeunes de la maternelle à la 12e année au centre de l’action. Administré par la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF), Vice-Versa s’adresse aux écoles francophones en milieu minoritaire et s’aligne sur la philosophie « par et pour les jeunes » afin de développer des projets scolaires qui auront un impact positif dans la communauté tout en favorisant le développement de futurs jeunes leaders francophones. Un montant de 1 500 $ est offert à chaque école admissible, jusqu’à l’épuisement des fonds. Durant cette année scolaire, plusieurs projets ont vu le jour grâce à ce programme.
À l’École des Bâtisseurs, par exemple, les élèves ont décidé de transformer l’arrière de l’école en ciné-parc, réunissant les jeunes et moins jeunes autour d’une expérience divertissante en français. Ce sont des élèves de la 3e à la 5e année qui ont organisé le tout, de l’estimation du budget et de la création des outils de promotion, à la préparation du site, jusqu’à l’accueil des participants et à l'assurance du bon déroulement de la soirée. Ensemble, ils ont ainsi contribué à renforcer la fierté de la langue française au sein de leur communauté.
À la Polyvalente Roland-Pépin, les élèves de la 9e à la 12e année ont rassemblé leur communauté autour d’un bon repas de chili - 1 500 bols ont été servis! Certains élèves se sont chargés des communications, d’autres ont organisé des activités, comme le maquillage pour enfants et une petite partie d’improvisation, et bien sûr, certains ont préparé la cuisson. Ce fut un franc succès, comme en témoignaient les bols vides à la fin de l’événement.
Ce ne sont que deux exemples parmi tant d'autres projets. Grâce au programme Vice-Versa, des jeunes francophones de partout au Nouveau-Brunswick nous montrent à quel point ils peuvent aller loin lorsqu’on leur donne les ressources pour imaginer, créer et agir.














